À Besançon, anti-pass sanitaire et gilets jaunes toujours dans la rue

Environ cinq-cent participants étaient recensés ce samedi à Besançon, principalement engagés contre le pass sanitaire. Si les effectifs ont chuté depuis la période estivale, la motivation reste quant à elle intacte. Les contestataires se sont invités aux Passages Pasteur, ainsi qu’au Musée des Beaux-Arts. Mais davantage que la question du virus et de ses effets, le social reste plus que jamais en filigrane. Bon nombre de ceux présents avait ainsi repris leur gilet jaune, dénonçant des salaires bloqués et un coût de la vie qui explose. Après la reprise des ronds-points et une marche aux flambeaux pour les soignants, la pérennité du mouvement reste cependant dans toutes les têtes.


« Rien n’a changé pour les plus modestes. »


Derrière une large banderole « non au pass – licenciement, discrimination, resto, culture, loisirs… », environ cinq-cent personnes ont entamé leur seizième semaine de mobilisation à l’encontre des mesures gouvernementales liées à la pandémie du coronavirus. La plupart des protagonistes a revêtu leur gilet jaune, celui-ci étant de vigueur depuis la reprise des ronds-points notamment le samedi matin à Chalezeule. Comme l’indique José, présent depuis 2018 : « les prix à la pompe remontent, de même que le gaz et les produits de première nécessité. Rien n’a changé pour les plus modestes. Alors j’exprime mon mécontentement, et j’espère que ça va bouger. »

Promenade Granvelle, la première cible du jour se dessine : le siège de la radio publique France Bleu Besançon. Celle-ci est accusée par les manifestants, entre autres médias mainstreams, de minimiser les chiffres de la participation, et d’analyser trop hâtivement les tenants et aboutissants du mouvement. Certains ne digèrent toujours pas des présentations jugées biaisées ou incomplètes, l’article de France 3 Franche-Comté du 24 juillet 2021 étant désormais cité comme un cas d’école. « Les lignes éditoriales et autres erreurs, on comprends. Mais mentir délibérément, ça non ! » s’emporte une retraitée, très remontée contre « le quatrième pouvoir. »
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Le hall du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, durant l’occupation.

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Les passages Pasteurs et le Musée des Beaux-Arts occupés.


Le trajet continue en direction de la Mairie, avec comme cible le centre commercial « passage Pasteur. » En silence et dans un long fil, les centaines de protestataires s’engouffrent peu à peu dans le bâtiment. Avant de l’occuper en grande pompe, durant une vingtaine de minutes. Vigiles et commerçants, parfois agacés, n’ont pu que prendre leur mal en patience. Même scène au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, dont le hall a été brièvement conquis. Si l’objectif peut surprendre, c’est que les lieux sont également soumis au pass sanitaire. « Que la culture soit ainsi restreinte, c’est un symbole fort dont nous souhaitions nous emparer » explique Lara, jeune étudiante.

Si les drapeaux noirs libertaires sont en tête de cortège, quelques-uns n’hésitent toutefois pas à évoquer un « pass nazitaire » à travers d’autres pancartes. La journée se termine aux abords de la Préfecture, à quelques encablures des cordons policiers dressés pour juguler tout éventuel débordement. Avant la dispersion, une distribution solidaire de fruits et légumes est organisée. « Pour les soignants suspendus bien sur mais aussi toute personne dans le besoin, un camarade agriculteur du Jura offre ces denrées » annonce Fred’ Vuillaume. Un socle fort semble certes absolument acquis à Besançon, mais les rangs s’érodent aussi à vue d’œil chaque semaine.

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