Médias et quartiers populaires

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Médias et quartiers populaires

Dans le Podkawast de Toufik, le journaliste bisontin pointe du doigt l’oeil discriminant de nombre de médias mainstream sur ce qu’on appelle communément les « banlieues » . On parle ici des quartiers populaires où résident des personnes particulièrement précarisées. Pour les médias dominants, – donc pour ceux qui ont des niches fiscales au Luxembourg – hum BFM TV –, les “gens des quartiers » seraient coupables de tous les maux de la société et surtout de leur propre mal-être, incarnant tantôt l’archaïsme, tantôt l’échec ou l’exotisme hostile. Toufik critique ce manque de rigueur journalistique lorsqu’il s’agit de médiatiser ces espaces et ces citoyen-nes.

UNE DISTANCE ENTRE LES RÉDACTIONS ET LES QUARTIERS POPULAIRES ?

Il existe une distance entre les rédactions et ces espaces de la ville. Ce fossé s’explique par plusieurs raisons. D’abord, le manque de temps et de moyens provoque un traitement « en surface », une couverture superficielle de ce qu’il se passe en banlieue. Répondant avant tout à des logiques capitalistes, la recherche du sensationnel, de l’extraordinaire, de ce qui fera « vendre » est un des écueils majeurs des médias notamment quand il s’agit de productions audiovisuelles – mais pas que –.

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Enfin, le mépris de classe contre les personnes issues des couches les plus populaires voire parfois l’appréhension d’aller au contact du réel dans les « quartiers » tend à amplifier la distance sociale entre les rédactions et ces populations.

LES ROUTINES JOURNALISTIQUES OU LES CAUSES DU FOSSÉ SOCIAL

Partant du principe que le travail journalistique doit être « vite fait » même si « mal fait », les rédactions ont recours à des pratiques qui influent sur la qualité de leur travail. Les sources privilégiées des journalistes – que l’on appelle « définisseurs primaires » – sont majoritairement des sources policières ou judiciaires. Ce sont les schèmes d’interprétation de ces mondes sociaux qui sont alors largement relayés dans les médias mainstream.
De l’autre côté, pour de nombreux-ses habitant-es de ces quartiers, les médias mainstream semblent complices, du moins représentatifs des institutions publiques ce qui engendre une méfiance forte de ces populations à l’égard des journalistes et du monde de l’information. Il existe un sentiment d’abandon, de délaissement ressenti par ces hommes et ces femmes qui constate une médiatisation de leur lieu de vie allant très souvent dans le même sens et participant à dégrader l’image du « quartier ».

CONSÉQUENCES SUR LES TRAITEMENTS JOURNALISTIQUES

L’état critique des relations entre les journalistes et les habitant.es des quartiers populaires amène à des pratiques discutables d’un point de vue déontologique. Reléguant l’enquête qui nécessite un temps de travail conséquent, les rédactions font appel à des « fixeurs ». Ces intermédiaires sont des contacts présent-es dans le « quartier » qui sont engagé-es par les chaînes et les journaux pour dénicher des témoins « sur mesure » qui vont être assez stéréotypés pour incarner des imaginaires vendeurs – de papier ou de parts de marché –.

LE POINT ET LA POLYGAMIE : UN CAS D’ÉCOLE

Dans cette archive d’Arrêts sur images, un « fixeur » raconte comment il a piégé un journaliste du Point en se faisant passer pour une mère de famille malienne dont le mari était polygame et violent envers sa femme. Un BINGO caricatural de « la banlieue » pour la rédaction qui a sauté sur l’occasion pour médiatiser une imagerie fantasmagorique des quartiers.

Cette archive vous est généreusement offerte par l’honorable Richard Monvoisin, que nous remercions.

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